Ma vie, mon œuvre…

Je suis née en 1969, année mythique s'il en est.

Je commence la musique à l'âge de 7 ans à l'Ecole Nouvelle d'Antony (école « pilote » façon Steiner) avec Colette Bertin. Cette vénérable dame a une approche pédagogique idéale pour les enfants : elle nous fait fabriquer des pipeaux de bambous de A à Z. On choisit d'abord le « tube », on le coupe à la bonne taille, on sculpte le bec et la fenêtre, et dès qu'un son est possible, on apprend une mélodie. Puis on perce le premier trou, une autre mélodie… et ainsi de suite. Tous les morceaux sont appris d'oreille, pas de solfège. La première année on construit ainsi un soprano, la deuxième un alto et la troisième un ténor. Le bonheur.

A 9 ans, je décide d'apprendre le dulcimer, j'étais alors dans ma période « folk breton ». Ma mère a faillit allumer un cierge, je n'avais pas choisi la bombarde. (Pour ceux qui ne connaissent pas, sachez que la bombarde rend hystérique n'importe quel décibelomètre).

Vers 12 ans, gros virage, je passe à l'orgue électronique… la classe… deux clavier, un pédalier, la boite à rythme…

A 15 ans je suis fan du groupe Téléphone, mon frère a un groupe de rock qui me fait envie… je m'achète donc ma première basse électrique avec MES sous. Mais c'est dans un groupe de jazz que je débute. Mon pote Xavier Bornens (trompettiste – label Chief Inspector – joue actuellement dans Quintessence et Dr.Knock) que je connais depuis la maternelle (pensez donc, on a fabriqué nos pipeaux ensemble…) me fait rentrer dans son groupe Hydrogenocarbojazz, et j'y rencontre Alain Bonin (pianiste – joue actuellement avec I Muvrini). Nous jouons essentiellement les compositions d'Alain Bonin, construites sur des grilles de blues. Mon frère m'a inculqué des rudiments «… à la basse, c'est simple, tu mets un doigt par case » et Alain me fait apprendre les walking-bass par cœur. C'est donc à cette période que je commence à écouter du jazz, en suivant curieusement un ordre chronologique : d'abord du New-Orleans, puis Lester Young, Ella Fitzgerald, le MJQ, Sonny Rollins, Gerry Mulligan…

Je découvre à l'âge de 17 ans (je crois…) les groupes Sixun et Uzeb, et j'adooOOoore. Petite anecdote: jusqu'alors, je jouais au médiator. Et un jour, prise de folie, j'essaye de jouer aux doigts (en pizzicato pour les esthètes). Et là, révélation… j'ai le son Alain Caron !! Première révolution musicale.

En plus du jazz, je m'initie au funk, rock. Je prends des cours épisodiques avec quelques profs, mais rien de bien suivi. Je joue surtout avec mes copains, et pendant des heures dans ma chambre sur mon teppaz.

A 19 ans, je suis serveuse au Sceaux What (club de jazz du centre culturel des Gémeaux à Sceaux – 92) pendant 2 ans. J'ai l'occasion d'y écouter Barney Willen accompagné de Jean-François Jenny Clark. Deuxième révolution musicale. Et j'y ai même eu une grande discussion avec Daniel Humair qui m'a dit texto « Mademoiselle, le guacamole ça ne se prépare pas comme ça ». Troisième révolution musicale.

Vers 21 ans, j'emménage à Toulouse, et là-bas, je traîne ma Fender Precision dans un groupe de rock alternatif. C'est à ce moment que j'ai dû commencer à perdre quelque peu mon acuité auditive. Ma mère allume finalement le cierge précédemment dédié à la bombarde.

2 ans plus tard, je débarque à Nîmes, et je refais du jazz en trio. Ma mère souffle le cierge.

Puis, en 1994 je m'inscris à l'I.M.F.P. (école de jazz de Salon de Provence), bien décidée à devenir musicienne pro. S'en suivent 3 années de cursus intensif, où j'ai le plaisir de travailler avec Michel Zenino et André Villéger (entre autres). C'est d'ailleurs grâce à eux deux que je m'achète ma première contrebasse en janvier 1996. Je rentre dans l'équipe pédagogique de cet institut en 1996, et j'en sors en 2001. C'est l'odyssée de l'espace… faut absolument que j'aille voir ça.

Je commence à prendre des cours de contrebasse classique en 1998 avec Jean Bernard Rière, et j'arrête aussi en 2001 pour des raisons techniques : j'ai appelé mon archet Hal, et ça déplait au directeur du conservatoire.

Au cours de stage ou de cours particuliers, je rencontre et travaille sous la tendre férule de : Joe Diorio, Michel Petrucciani, Palle Danielsson, Christophe Wallemme, Hein van de Geyn, Bruno Chevillon, Ricardo del Fra, Louis Winsberg

En 1997 et 1998, je suis le stage siennois Siena Jazz avec mon pote Xavier Bornens, et j'ai l'occasion de travailler et de bœuffer avec Paolo Fresu, Enrico Rava et Enrico Pieranunzi. Un soir après un bœuf, Paolo Fresu me dit avec son si charmant accent sarde « Tou sé, Marisa, quand on jou insieme, c'est molto important de sé regarder dans les yeux ». Quatrième révolution musicale. Depuis, dès que je croise une trompette, je l'appelle Paolo.

J'aime beaucoup Pierre Desproges aussi.

Actualité…

Je suis donc musicienne professionnelle depuis 1997. J'ai joué dans moult formations régionales, et en plus du jazz, j'ai aussi fricoté avec la musique d'Afrique de l'Ouest, la Chanson Française, la musique Tzigane, et la Salsa (4 CD en tout, 2 avec La Gua-Gua, et 2 avec El Conjunto Massalia).

Actuellement, en plus de formations occasionnelles, et de mon projet perso (chansons française), je joue avec deux trio.

J'ai participé à des créations théâtrales, où j'interviens comme musicienne et comédienne : « Rue de la Gaité » - Cie Zig-Zag à Montpellier, « Gourmandise » - Cie Jubilo Label Bleu à Pelissanne (spectacle pour lequel j'ai écrit les musiques), et « les Lectures d'archives » Cie Anaïre.

Références scéniques…

En vrac : Cargo de nuit (Arles), Café Julien (Marseille), Théâtre des Salins (Martigues), Nuit du Jazz (Grasse), The Night (Hyères), Festival de St-Gilles, Festival de Barjols , Festival de Nice, Festival de Fayence, L'Usine-1ère parie de Yuri BUENAVENTURA (Istres), Festival « Jazz in Toulon », les Polymusicales de Bollène, 1ère partie PORTAL/GALLIANO, Le Sporting (Monaco), Big Band Michel LEEB, 1ère partie d'Alfredo RODRIGUEZ, Festival du Vent (Calvi 2001), Porto Latino (Saint Florent -2005– 1ère partie de Jimmy Cliff), Les Sud (Arles), Festival de Vic-Fézençac, Festival de jazz de Cap d'Ail avec Virginia Vee, Les Nuits du Sud (Vence)… ainsi que diverses scènes nationales avec les compagnies théâtrales (La Roche-sur-Yon, Charleroi, Théâtre de Nîmes, Théâtre Armand-Salon de Provence…), et scènes internationales (Suisse, Italie, Algérie, Emirats Arabes).

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